
Conçu par la firme américaine Glenn L. Martin Company, le prototype XA-22 n'eut aucun avenir dans son pays d'origine, mais connut une carrière plus longue à l'étranger, en tant qu'appareil de reconnaissance ou de bombardement, désigné "GM 167F" dans l'armée de l'Air, ou "Maryland" dans la Royal Air Force.
En 1937, l'USAAC (United States Army Air Corps) émit la demande d'un appareil bimoteur destiné au bombardement, capable d'atteindre 322 km/h, et d'emporter plus de 545 kg de bombes (200 mph & 1.200 livres). Plusieurs compagnies proposèrent leur projet, dont le NA-40 de North American qui deviendra le célèbre B-25, le Model 7 de Douglas qui deviendra le DB-7, et le GM 167W de Glenn Martin. Désigné XA-22, le premier prototype de ce dernier vola dès le début de l'année 1939. Cependant, aucune production en série ne fit suite à l'examen de cet appareil, l'USAAC lui préféra en effet le Douglas DB-7. Cet échec entraîna une situation éminemment difficile pour Glenn Martin, en une période caractérisée par une pénurie de clients et de contrats pour l'industrie aéronautique militaire des Etats-Unis.
Le vif intérêt de l'aviation française pour ce prototype permit cependant de sauver le projet. Nécessitant en urgence un grand nombre d'appareils bimoteurs de reconnaissance et de bombardement, l'Armée de l'Air recherchait en effet un avion triplace pouvant atteindre 470 km/h, et emporter 200 kg de bombes. 115 premiers GM 167 furent ainsi rapidement commandés, simultanément à l'achat d'une centaine de Douglas DB-7 ; cette commande fut ensuite portée à 345 avions. Le premier appareil de série sortit d'usine dès le mois d'Août 1939, mais l'entrée en guerre de la France face à l'Allemagne provoqua des retards importants : les Etats-Unis, s'étant déclarés neutres, avaient levé un embargo sur le matériel militaire à destination de pays belligérants. Le gouvernement français parvint néanmoins à contourner cette loi en se servant (à l'instar du DB-7) de filiales canadiennes achetant les appareils en pièces détachées et livrés en caisses, pour les revendre ensuite à l'Armée de l'Air. Les avions ainsi obtenus furent envoyés à Casablanca, où ils devaient être montés. Du fait de ces retards successifs, le montage ne put commencer qu'au début de l'année 1940.
Les GM 167 rééquipèrent des Groupes de Bombardement et de Reconnaissance basés en Afrique du Nord à partir des mois de mars-avril 1940 : le GB I/62, le GB II/62, le GB I/63, ainsi que le GB II/63 qui devait initialement recevoir des DB-7. Deux de ces groupes, le I/62 et le I/63 furent envoyés en métropole peu de temps avant l'offensive allemande. Ils furent rejoints quelques semaines plus tard par le II/63, puis le II/62. 40 autres Glen Martin furent affectés à l'Aéronautique navale. Deux groupes pourvus de Douglas DB-7 complètaient le dispositif ainsi constitué. Les Glenn Martin effectuèrent un nombre relativement restreint de missions du 22 mai au 14 juin, du fait de l'évolution rapide de la situation. Afin d'éviter d'être saisis par les troupes allemandes, ces appareils furent renvoyés en Afrique du Nord, dans l'éventualité de la poursuite des combats depuis les colonies.
Plusieurs missions furent encore effectuées en direction de la Sicile ou de la Sardaigne avant l'arrêt des combats. Plusieurs unités furent dissoutes, d'autres rééquipées de DB-7. 4 Quatre groupes de bombardement furent envoyés en Afrique Occidentale, où ils participèrent à des missions de reconnaissance vers Gibraltar, ou encore à la défense de Dakar lors de l'opération "Menace" menée par les forces françaises libres, conjointement à la marine britannique, visant (sans succès) à prendre le contrôle de ces colonies. Les Glenn Martin 167 furent encore utilisés par l'aviation de Vichy au Liban et durant la campagne de Syrie, jusqu'au ralliement aux forces françaises libres au début de l'année 1943.
Parallèlement à cette carrière sous les couleurs françaises, le Glenn Martin 167 fut employé par le Royaume Uni. Désignés "Maryland" Mk.I, les appareils qui n'avaient pas pu être réceptionnés par l'Armée de l'Air avant la fin de la Bataille de France participèrent au sein de la Royal Air Force aux combats en Egypte et à Malte. Ils furent relativement peu employés, et se limitèrent à des missions de reconnaissance. Des Maryland furent par exemple envoyés à Tarente afin de photographier la flotte italienne stationnée dans ce port, et de préparer l'attaque aéronavale du 11 novembre 1940. Une nouvelle version, le Maryland Mk.II, équipée de nouveaux moteurs Pratt & Whitney R-1830-SC3G, fut également livrée à la Royal Air Force. Un de ces nouveaux appareils servit notamment à rechercher le cuirassé allemand Bismarck.
Les forces françaises libres en Afrique du Nord utilisèrent également ces appareils, d'où une certaines confusion entre les Glenn Martin des forces aériennes Vichystes, Gaullistes et Britanniques. La Royal Air Force profita à quelques occasions de cette situation pour survoler des territoires français et espagnols sous les couleurs françaises.
Certains Glenn Martin 167 français furent encore utilisés dans les colonies ou en métropole jusqu'à la fin du conflit pour le transport de personnalités importantes, arborant alors des décorations particulièrement voyantes. Quant aux Maryland Mk.I et Mk.II, ils donnèrent naissance au "Baltimore", version britannique du Glenn Martin 187.
• Longueur : 14,22m
• Hauteur : 5,01m
• Maximale : 7124kg
• Vitesse maximale : 489km/h
• Vitesse ascensionnelle : 720m/min
• Autonomie : 1800km
• Plafond opérationnel : 8830m
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